Une entreprise en difficulté se redresse d'autant mieux que son dirigeant agit tôt. Voici, dans l'ordre, les sept réflexes que nous recommandons pour les premières semaines.
1. Mesurer votre trésorerie, semaine par semaine
Avant toute décision, construisez un plan de trésorerie sur 13 semaines : les encaissements attendus, les décaissements certains, et la semaine où la trésorerie deviendrait négative. C'est votre horizon : il dit combien de temps vous avez pour agir.
2. Identifier la vraie cause
Une difficulté conjoncturelle (un client perdu, une hausse brutale des coûts, un chantier en retard) ne se traite pas comme une difficulté structurelle (une marge trop faible, une organisation trop lourde, une offre dépassée). Le remède dépend du diagnostic : c'est tout l'intérêt d'un audit court et chiffré.
3. Ne pas rester seul
- Votre expert-comptable, pour fiabiliser les chiffres.
- Les centres d'information sur la prévention des difficultés des entreprises (CIP), qui proposent des entretiens gratuits et confidentiels.
- Le président du tribunal de commerce, qui peut recevoir le dirigeant en entretien de prévention, en toute confidentialité.
- Votre CCI, qui oriente vers les dispositifs existants.
4. Parler à vos partenaires avant qu'ils ne l'apprennent
Une banque, un fournisseur clé ou un client stratégique accepte bien plus volontiers un aménagement quand il est prévenu tôt, avec un plan. Pour les dettes fiscales et sociales, la commission des chefs des services financiers (CCSF) peut accorder des plans de règlement, de façon confidentielle.
5. Prendre des mesures rapides sur le cash
- Relancer les créances clients et raccourcir les délais d'encaissement.
- Réduire les stocks dormants et différer les achats non essentiels.
- Geler les dépenses et les engagements qui peuvent attendre.
Ces mesures ne redressent pas l'entreprise, mais elles donnent le temps de le faire.
6. Choisir le bon cadre, amiable ou collectif
Mandat ad hoc et conciliation sont confidentiels ; sauvegarde et redressement judiciaire sont publics mais protègent l'entreprise de ses créanciers. Plus vous agissez tôt, plus les options amiables restent ouvertes. Notre guide détaille les différences entre ces procédures.
Une obligation à connaître : si l'entreprise est en cessation des paiements (elle ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible), le dirigeant doit demander l'ouverture d'une procédure au plus tard dans les 45 jours, sauf s'il a demandé une conciliation dans ce délai.
7. Construire un plan chiffré, et le piloter chaque semaine
Un plan de redressement à 100 jours : des actions précises, un responsable pour chacune, des indicateurs suivis chaque semaine. Si la direction est débordée ou doit être relayée, un manager de transition peut prendre les commandes le temps du redressement.