Un audit logistique vaut ce que valent les données qu'on lui donne. Bien préparées, elles permettent un diagnostic chiffré en quelques jours ; mal préparées, elles font perdre des semaines. Voici quoi extraire, sous quelle forme, et quels indicateurs suivre.
1. Les données à extraire
Depuis votre logiciel de gestion d'entrepôt (WMS), votre ERP ou vos tableurs, sur 12 mois si possible :
- Les articles : référence, désignation, dimensions et poids, unité de stockage, famille.
- Les emplacements : adresse, type (palette, étagère, sol), capacité, article affecté.
- Les commandes clients, ligne par ligne : date, client, article, quantité, date d'expédition.
- Les réceptions : date, fournisseur, article, quantité, écarts constatés.
- Les stocks : photos de stock mensuelles et résultats des inventaires.
- Les ressources : effectifs et heures travaillées par activité (réception, préparation, expédition), équipements.
- Les incidents : erreurs de préparation, litiges clients, retours.
2. Le bon format
- Des exports Excel ou CSV, une ligne par événement, avec les en-têtes de colonnes.
- Des données brutes, pas des tableaux de synthèse : on calcule mieux à partir du détail.
- Un plan de l'entrepôt, même scanné, avec les zones et les allées.
- Un mot sur les particularités : saisonnalité, clients prioritaires, contraintes du bâtiment.
3. Les indicateurs à suivre
Il n'existe pas de norme légale ; ce sont les indicateurs d'usage dans la profession :
- Le taux de service : part des commandes expédiées dans les délais promis.
- Le taux de commandes parfaites (à l'heure et complètes), à définir précisément : mesuré chez le client ou à l'entrepôt.
- Le taux d'erreur de préparation, détecté en interne ou par le client.
- La productivité en lignes préparées par heure et par personne, plus comparable que les commandes par heure.
- La fiabilité du stock : écarts d'inventaire et démarque.
- La rotation des stocks et le taux d'occupation des emplacements.
- Le coût par commande ou par ligne.
Associez toujours un indicateur de vitesse à un indicateur de qualité : une productivité qui monte avec les erreurs n'est pas un progrès.
4. Ce que les données révèlent souvent
- des articles qui sortent beaucoup, rangés loin des quais ;
- des emplacements saturés pendant que d'autres dorment ;
- des pics de charge prévisibles, mais non anticipés dans les plannings ;
- des erreurs concentrées sur quelques références ou quelques créneaux.
Ce sont souvent les gains les plus rapides : une réimplantation, un planning ajusté, un contrôle ciblé.
À savoir : ce guide est informatif, à jour au 14 octobre 2026, et ne remplace pas un conseil adapté à votre situation. Pour un cas précis, consultez votre expert-comptable ou votre avocat.